SOMMAIRE
Un musée dans la cité
un musée à l'ambition nationale et internationale
Les collections
Neuf chapitres


Un musée dans la cité


Le public, qui a depuis longtemps appris à fréquenter le site de la Villette, va donc pouvoir découvrir les espaces du musée à travers des visites thématiques et des manifestations proposées par son service culturel.
Les visiteurs, déjà fidèles de la cité de la musique, vont constituer un nouveau public peu coutumier des musées instrumentaux. Les non-mélomanes, eux-mêmes, se sentiront à l'aise dans un tel lieu : les instruments de la collection, s'ils témoignent d'une partie de l'histoire de la musique occidentale savante, mais aussi des musiques traditionnelles et populaires, sont également de beaux objets issus du savoir-faire de luthiers et facteurs, symboles de cultures différentes.

La cité de la musique a pour mission d'être un lieu d'enseignement et d'apprentissage, de pratique et d'écoute. Avec le musée, elle va être un lieu de découverte patrimoniale où se croiseront toutes ses activités artistiques et culturelles.

Sa dimension nationale et internationale va s'en trouver renforcée. Par son centre de recherche et de documentation entièrement informatisé, par son laboratoire technique de restauration, le musée est d'ores et déjà l'interlocuteur privilégié de grandes institutions, de professionnels, de chercheurs, d'amateurs, en France comme à l'étranger.
Si le musée a pour vocation première de développer une collection d'instruments de musique de référence, de la conserver, de la présenter et de l'enrichir, il se doit d'être aussi le ferment d'une approche différente de la musique.


un musée à l'ambition nationale et internationale


Le musée de la musique dispose d'un service culturel très étoffé, dirigé par une musicologue. Il offre plusieurs voies d'accès à la musique, en rendez-vous réguliers ou ponctuels : concerts dans l'amphithéâtre dépendant du musée (des instruments appartenant aux collections y sont joués dans des conditions acoustiques et de conservation spécialement étudiées), forums musicaux, concerts-découvertes, spectacles pour le jeune public, classes-musée, programmation cinématographique thématique.

C'est par ce service culturel que le musée se trouve en synergie avec l'ensemble des activités de la cité de la musique, qu'il n'est pas une cellule isolée, mais une pièce essentielle d'un ensemble culturel consacré à la musique.
C'est par lui que le musée entretient un dialogue permanent avec le Conservatoire de Paris, en particulier grâce aux concerts d'orgue hebdomadaires, les « points d'orgue », au cours desquels les étudiants se produisent sur l'instrument baroque de l'amphithéâtre.


Les collections



Unique par la richesse de ses collections instrumentales (4500 pièces de la Renaissance à nos jours), le musée possède aussi un très important fonds iconographique (tableaux, sculptures, gravures) qui permettra, dans le cadre de l'exposition permanente, comme dans celui des expositions temporaires, de présenter l'évolution de la facture instrumentale au sein des diverses situations culturelles et sociales qu'elle a traversées.



Se déployant sur plus de 3000 m2, les salles d'exposition permanente du musée présentent 900 instruments, tableaux, sculptures et pièces diverses selon la muséographie d'Henri Loyrette.

Le visiteur qui pénètre dans les salles du musée est immédiatement saisi par le sentiment d'un ailleurs, d'un lieu de recueillement et de mystère où les instruments, comme autant d'objets précieux, qu'ils soient à l'abri dans les vitrines ou disposés sur des podiums, qu'ils soient présentés en séries ou selon les configurations des formations, qu'ils soient isolés ou pris dans les rêts d'harmonies délicates, sont littéralement mis en vibration par la dialectique qui sous-tend la muséographie : objet d'usage/objet d'esthétique, dans la perspective des cultures, des sociétés où ils sont nés, où ils ont évolué, où ils se sont transformés.

Le casque à infra-rouge que le visiteur peut utiliser en déambulant d'un niveau à rautre lui ouvre de nouveaux espaces sonores et lui donne à entendre quelques pages des grandes oeuvres évoquées, dans le cadre même des salles.


Neuf chapitres



Sur le sol de béton ciré ou de parquet blond, les vitrines, les podiums, les bornes audiovisuelles inter-actives donnent sa continuité à un parcours chronologique enrichi par ailleurs de sections plus thématiques. Mais ce mouvement fluide s'interrompt parfois pour déboucher sur des mises en espace spécifiques. Neuf chapitres ont ainsi été déterminés, pour mettre en perspective les instruments exposés face à l'histoire, à la société, à la culture qui les ont vus naître ou jouer. Là, réside la force du concept muséographique. A chaque fois, un dispositif similaire déploie une oeuvre, la donne à voir, littéralement.
Le visiteur, même non mélomane, saisit ainsi les questions qui sous-tendent toute pratique musicale : architecture, acoustique, place du public, notamment.

Avec Claudio Monteverdi, c'est l'Italie baroque que l'on aborde; avec Alceste de Jean-Baptiste Lully, ce sont les fastes de Versailles en 1674; avec Dardanus de Jean-Philippe Rameau, c'est Paris, l'opéra et les salons en 1755, au Palais-Royal; les concerts publics, quant à eux, sont évoqués par la Symphonie parisienne de Wolfgang Amadeus Mozart, créée en 1778 au palais des Tuileries. Les collections du musée sont particulièrement remarquables en ce qui conceme la musique occidentale des XVII et XVIIIe siècles.

Quatre chapitres illustrent le XIX siècle. L'un est consacré à la Symphonie fantastique de Hector Berlioz, créée en 1830 dans la salle du Conservatoire et qui donne à voir l'orchestre romantique; un autre à Robert le Diable de Giacomo Meyerbeer, drame lyrique donné en 1831 à l'opéra de la rue Le Peletier; Richard Wagner est également présent avec Parsifal et la salle du FestspieIhaus de Bayreuth. Enfin, parce que c'est le siècle des grandes expositions universelles, on découvre la salle des fêtes du Trocadéro qui servit de cadre à la Symphonie n°3 avec orgue de Camille Saint-Saëns en 1878.

Le musée qui, depuis 1991, a engagé une politique d'acquisitions dans le domaine contemporain, présente également une évocation de la création du Sacre du printemps de Igor Stravinsky en 1913, au théâtre des Champs-Élysées, et de Exposition de Mauricio Kagel, en 1978, dans l'espace de projection de l'Ircam.

Ces neuf chapitres constituent bien sûr les points forts du parcours, les plus spectaculaires. Mais c'est dans le détail, aussi, que les collections retiennent l'attention du public et lui montrent toutes les façons de mieux aimer la musique.